Les nouvelles d’Amoureux vos papiers, un réseau en construction

Photo rencontre 21 10 2015

Photo de Simon Blackley

Le 21 octobre 2015, nous avons eu la chance de nous retrouver après la projection d’un documentaire sur le mouvement français “Les amoureux au ban public” pour témoigner, poser des questions lors de la table ronde avec  Laura Odasso (chercheuse à l’ULB et militante), Julien Hardy (avocat), Mathieu Beys (juriste, auteur du livre Quels droits face à la police?) et les couples-témoins.

La salle était comble, les interventions de grande qualité : beaucoup de questions pertinentes, des informations claires, précises de nos spécialistes, des témoignages annoncés mais aussi spontanés très forts et à la fin un sentiment profond qu’on ne peut en rester là.

Difficile de résumer autant de paroles précieuses. Peu à peu, nous alimenterons avec ces contenus le tout nouveau site web amoureuxvospapiers.com présenté ce soir-là. Nous avons déjà commencé, précisé certaines informations, ajouté des liens intéressants et nous espérons bien sûr, grâce à vous qu’il devienne un outil pour tous les couples jetés dans cette tourmente.

Evidemment, comme expliqué ce soir-là, ce mouvement se veut un réseau et n’existera donc vraiment que lorsque qu’il sera porté par les couples avec le soutien de la CRER et du MRAX, c’est pour cela qu’il s’agit d’un réseau en construction…

Vous vous aimez? Prouvez-le!

Comme rappelé dans le communiqué de presse, le climat de suspicion généralisée amène à des dérives très importantes et ce ne sont plus les autorités qui doivent prouver un éventuel abus mais les couples qui doivent prouver leur innocence en subissant des enquêtes intrusives violant les droits fondamentaux.

On a renversé la donne.

Or, les communes ne peuvent pas mettre de façon systématique les dossiers mariage en enquête sous prétexte qu’une des personnes est étrangère sans titre de séjour. Cependant quasi toutes les communes ont crée des cellules spéciales « mariages blancs » comme s’il s’agissait d’une priorité en matière de criminalité. Priorité d’ailleurs énoncée clairement par le ministre de l’intérieur Jan Jambon alors que des études montrent pourtant que les mariages blancs représenteraient un maximum de 4% des mariages amenant à un regroupement familial. Il y aurait donc 96% de « vrais mariages » ! Ou cohabitation puisque le problème est désormais le même.

Certaines communes osent même indiquer dans le courrier qu’elles adressent aux couples qu’une enquête est entamée parce que l’un des futurs conjoints est étranger sans titre de séjour.

Il s’agit d’une pratique discriminatoire et illégale.

Communes et police: le règne de l’arbitraire

Un élément extrêmement important à souligner est le fait qu’un mariage n’est blanc ou gris que si l’intention de l’un au moins des époux/cohabitant n’est manifestement pas la création d’une communauté de vie durable, mais vise uniquement l’obtention d’un avantage en matière de séjour, lié au statut d’époux/cohabitant.

N’est pas un mariage blanc celui décidé par un « vrai couple » en vue de régulariser la situation de séjour de l’un des partenaires.

Là aussi, on s’aperçoit que l’interprétation du code civil laisse vraiment à désirer dans les politiques menées par les communes.

Ce qu’il y a peut-être de plus interpellant, c’est l’arbitraire avec lequel autorités communales et forces de police agissent. Il n’y a pas de politique commune dans le pays : chacun peut jouer au petit sheriff et le couple ne peut pas savoir ce qui l’attend lorsqu’il entame ses démarches.

Ce n’est pas digne d’un état de droit.

Et puis, il y a les abus de droit des forces de police, les violences policières, violences morales pouvant laisser des séquelles importantes pour les couples.

Des contacts très récents avec des personnes détenues au centre 127 bis nous indiquent que la chasse au futur époux/cohabitant se poursuit intensément.

Lors de la soirée du 21 octobre 2015, Mathieu Beys, l’auteur du livre Quels droits face à la police ? nous a ouvert les yeux au fur et à mesure que les témoignages révélaient les abus.

Quels objectifs pour le réseau?

A la fin de la soirée, plusieurs personnes disaient, que ce soit par rapport aux informations de Mathieu Beys ou celles de Julien Hardy : si on avait su tout cela avant …..

Alors, après ces échanges, il semble clair que les objectifs sont plus jamais :

  • De dénoncer ces abus en diffusant des témoignages, en menant des actions d’information et de communication envers le grand public
  • D’interpeller les responsables politiques aux différents niveaux de pouvoir concernés afin de faire cesser cette politique obsessionnelle qui ne respecte, par ailleurs, pas les lois
  • D’apporter des informations et des conseils aux couples victimes de ces abus
  • De créer un espace d’échange et de solidarité pour ces couples, espace où l’on peut partager les informations, reprendre espoir

Pour poursuivre ces objectifs, il nous faut tout d’abord renforcer ce réseau naissant, c’est sur cela que nous souhaitons travailler prioritairement lors de notre prochaine réunion : comment aller à la rencontre des couples ?

Rendez-vous le lundi 16 novembre à 18h30 au MRAX (rue de la Poste 37, Saint-Josse)
Contact: amoureuxvospapiers@gmail.com

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