Action Saint Valentin 2020! RDV le 14 février 2020, à 16h à la Place de la Monnaie, à Bruxelles

À l’occasion de la journée de Saint-Valentin universellement dédiée à l’amour,  le réseau « Amoureux, vos papiers ! » vous invite à célébrer les amoureux qui, aux yeux de la loi, ne le sont pas… parce qu’ils n’ont pas les bons papiers. Nous organisons une fête de mariage pour les couples qui, sur décision d’un bourgmestre, un officier communal ou à la suite d’une enquête policière arbitraire, n’ont pas pu l’avoir.
Venez vous asseoir à notre banquet, échangez des promesses d’amour avec votre bien-aimé ou votre bien-aimée avec l’aide des Ecrivains publics (P.A.C.) et célébrez jusqu’à ce que la politique migratoire belge ne vous sépare…
RDV le 14 février 2020, à la Place de la Monnaie, Bruxelles Une préparation de l’action (et confection des pancartes) aura lieu le 7 février, à partir de 16h au 5, rue Lambert Crickx à Anderlecht (bureaux du P.A.C.).

Soirée d’information ce 03 février au Boom café

CRER/Getting the Voice Out organise une soirée d’information et de discussion autour d’un repas (prix libre) ce 03/02 à 19h au Boom café, rue pletinckx 7, 1000 Bruxelles. L’occasion de rencontrer le collectif, d’en savoir plus sur la lutte contre les centres fermés et les expulsions, ainsi que de connaitre le réseau Amoureux, Vos Papiers!

Quelques questions à « Questions à la Une »

Le 17 octobre 2018 le programme de la RTBF Questions à la Une diffusait le reportage: « Mariages blancs, quels prix à payer ? ». Suite à cette émission, le réseau « Amoureux, Vos Papiers ! », l’association MRAX (Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie) et le CRER (Collectif contre les rafles et les expulsions et pour la régularisation), ainsi quel’avocate Céline Verbrouck, interviewée dans le reportage, ont tenu à exprimer leur indignation concernant le traitement du sujet par la journaliste Thi Diem Quach. La réponse du service médiation de la RTBF nous a paru insatisfaisante. Une plainte a été introduite auprès du Conseil supérieur de l’audiovisuel, qui a toutefois jugé que « la «plainte questionne plus substantiellement la déontologie journalistique ». Malheureusement les délais pour introduire une plainte auprès du Conseil de déontologie journalistique étaient dépassés. Mais le reportage, disponible sur Auvio, continue à propager de la désinformation. Nous souhaitons donc présenter ici nos critiques .

Le sujet est, dans son ensemble, stigmatisant à l’égard des étrangers, truffé de préjugés, voire de propos à la limite du racisme, qui ne sont pas démentis, de chiffres qui ne sont pas expliqués et d’informations qui sont incorrectes juridiquement. L’émission présente en presque totalité des victimes de mariages blancs, la chasse à ce type d’unions et les politiques mises en place pour faciliter cette traque, sans montrer l’envers du décor. Les mariages et cohabitions entre personnes avec et sans papiers sont présentés comme presque systématiquement frauduleux. Les médias du service public n’ont-ils pas pour objectif d’informer la population de tous les enjeux d’une problématique ?

Nous rappelons qu’un journaliste ne peut altérer le contenu d’une interview à sa guise. Pourtant, l’avocate Céline Verbrouck, qui apparaît quelques minutes dans le reportage, s’est plainte de l’utilisation faite de son intervention. Elle reproche à la journaliste d’avoir tenu des propos rassurants concernant le traitement du sujet afin de la convaincre de répondre à ses questions. Le respect des sources est un des piliers du journalisme. L’article 3 du Code de Déontologie Journalistique dispose clairement :

« Les journalistes ne déforment aucune information et n’en éliminent aucune essentielle présentée en texte, image, élément sonore ou autre.Lors de la retranscription d’interviews, ils respectent le sens et l’esprit des propos tenus. »

Céline Verbrouck estime donc avoir été trompée puisque ses propos ont été instrumentalisés.

De plus, Mme Thi Diem Quach avait assuré au réseau « Amoureux, Vos Papiers ! » qu’elle montrerait bien les conséquences de la chasse aux mariages blancs sur de vrais couples désireux de passer leur vie ensemble. Non seulement elle n’a pas tenu compte des conseils du réseau mais elle a même coupé l’entretien avec la personne interviewée pour « Amoureux, Vos Papiers ! », réseau qu’elle n’a même pas daigné présenter dans le reportage. Elle a de plus utilisé les contacts fournis par le réseau et les a présentés de manière biaisée.

« Aujourd’hui, ces escroqueries sentimentales relèvent de l’exception. Seul un mariage sur 10 est considéré comme suspect dans notre pays ». Cette information, pourtant essentielle, n’est donnée qu’à la fin du reportage. Or conclure ainsi un reportage construit principalement sur la justification de la chasse aux mariages blancs, c’est laisser le téléspectateur dans le désarroi. Ce chiffre doit être expliqué et mis en contexte pour être compris.

Sur six témoignages, seulement deux sont de couples « authentiques ». Cette sélection n’est ni pertinente ni représentative de la réalité. Elle résulte d’une volonté d’instrumentaliser les sources afin de stigmatiser une frange de la population – entre autres les hommes originaires du Maghreb ou du Proche-Orient, qui seraient violents, dépourvus de sentiments et simplement désireux d’obtenir leurs papiers.

Nous avons épinglé certains passages que nous considérons comme particulièrement choquants mais la liste n’est pas exhaustive :

  • Le reportage s’ouvre sur le constat que la Belgique est LE pays des mariages de complaisance. La législation a donc dû se durcir ses dernières années pour limiter cette réputation. Nous aimerions savoir d’où cette information est tirée. S’agit-il d’une accroche destinée à attraper l’attention de l’audience ou d’une véritable enquête européenne ? Que dire de cette ouverture au regard de la dernière phrase du reportage citée ci-dessus ?
  • Les propos tenus par les deux échevins communaux interviewés posent également question. Bernard Guillaume, Échevin de l’État civil en charge des mariages et des cohabitations légales à Schaerbeek, tient des propos à la limite du racisme envers la diaspora guinéenne et explique fièrement son rôle de « chasseur de mariages blancs » avec résultats à l’appui : une diminution de 23% de mariages blancs à Schaerbeek en 15 ans. Mais combien de vrais couples ont été viticmes de cette chasse ? Et que dire des enquêtes systématiques lancées par la commune de Liège alors qu’elles ne devraient être réalisées qu’en cas de suspicion de fraude ?
    Nous nous questionnons d’autant plus sur ces politiques communales lorsque l’on sait que Schaerbeek et Liège se disent « communes hospitalières » et donc ouvertes à l’accueil des migrants.
  • Un chiffre accablant retient également notre attention, celui des dossiers sur les mariages suspects. Ils seraient au nombre de 10.000. La source n’est pas citée, le chiffre n’est ni expliqué ni relativisé. Il faut attendre la fin du reportage pour une explication brève et peu claire. Où est la fonction pédagogique des médias publics ? Pour information, en 2016, les chiffres de l’Office des Etrangers concernant leurs enquêtes sur les mariages de complaisance étaient les suivants : 4.138 mariages prévus, 3.973 mariages conclus. La quasi-totalité des unions n’était donc pas frauduleuse.
  • L’interview particulièrement longue du deuxième avocat contient des informations incorrectes juridiquement et laisse à penser qu’une procédure d’annulation de mariage serait de loin préférable au divorce.
  • Enfin, dans la séquence concernant l’homme qui lutte pour garder son lien avec son enfant, la journaliste présente incorrectement son recours et mélange les informations alors que des associations, en ce compris avocats.be et l’UNICEF, ont attaqué cette loi devant la Cour constitutionnelle pour violation de l’intérêt supérieur de l’enfant.

Au regard des nombreuses lacunes que nous observons dans ce reportage, nous demandons des explications de la part de la journaliste ainsi que la réalisation d’autres reportages plus rigoureux. Ces reportages devraient notamment mettre en avant les problématiques suivantes : le caractère systématique des suspicions, les difficultés, psychologiques mais également financières et juridiques, rencontrées par les couples devant prouver leur relation amoureuse, le caractère discriminatoire de la loi concernant les reconnaissances de paternité frauduleuses, les abus des services de l’État civil de certaines communes, le fait que de nombreux vrais couples sont mis à l’épreuve durant des années et que des vies sont brisées par ces suspicions disproportionnées. Le tout avec des statistiques et des chiffres sérieux à l’appui.

Nous demandons au service public qu’est la RTBF de respecter sa mission première : « Confirmer et certifier une information avant de l’expliquer et de la mettre en perspective en plaçant l’investigation au cœur de sa démarche ». Plus que jamais, l’information se doit d’être intègre et aussi nuancée que peut l’être la réalité. Questions à la Une l’aurait-il oublié ?

Action Saint-Valentin 2018: la commune de Schaerbeek reçoit le Prix Brise-Cœur

Ce 14 février, lors d’une action-suprise, le réseau Amoureux, vos papiers! a remis le Prix “Brise-cœur” (première édition!) à la commune de Schaerbeek afin d’attirer l’attention sur le rôle des communes dans la traque aux couples avec/sans papiers.

Comme chaque année notre réseau, lancé en 2015 pour soutenir les couples victimes des politiques migratoires belges, a organisé une action de sensibilisation à l’occasion de la Saint-Valentin.

Pour cette édition 2018, une action-surprise s’est déroulée à la commune de Schaerbeek, encensée par le quotidien d’extrême droite Le Peuple pour son “âpre lutte” contre le “fléau” des mariages blancs et gris.  Un cortège nuptial accompagnant deux couples de mariés s’est présenté à l’Hôtel communal et a pu rencontrer l’Échevin de l’Etat civil Bernard Guillaume. Ce dernier, visiblement surpris, a reçu le prix sous les regards et les caméras des journalistes présents.

Si la commune de Schaerbeek s’est distinguée par les efforts déployés pour rendre impossible la vie des couples avec/sans papiers, le réseau Amoureux, vos papiers! souligne que les communes sont de plus en plus nombreuses à bafouer les droits de ces couples afin de les piéger et faciliter les arrestations, au mépris de drames conjugaux et familiaux.

Accès à l’information

Sur simple demande, les communes devraient fournir aux couples la liste des documents nécessaires pour présenter une demande de mariage ou de cohabitation. On constate cependant que les coordonnées des personnes sont immédiatement enregistrées et parfois utilisées pour opérer des arrestations.

Délivrance du récépissé lors du dépôt du dossier

Lorsqu’un couple réussit à déposer un dossier avec tous les documents exigés, l’Office des Étrangers est souvent informé de la démarche avant la délivrance du récépissé au couple. Il s’agit d’un vice de procédure mais aussi d’un piège afin de faciliter les rafles.

Enquêtes systématiques et violant la sphère privée

La loi prévoit  que l’Officier d’État Civil peut surseoir à la célébration du mariage dans le cas de présomptions sérieuses de fraude. Actuellement, le côté systématique des enquêtes est illégal, discriminatoire et contraire à l’esprit de la loi. Les procédés policiers sont inquisitoires voire insultants et usent trop souvent de l’intimidation ou de la mauvaise compréhension. La police n’a-t-elle rien d’autre à faire ?

Arrestations

Après le refus de mariage ou de cohabitation légale, la personne sans document de séjour ou en séjour précaire perd sa protection avant d’en avoir été informée et la rafle peut avoir lieu au petit matin dès le lendemain.

Transcription des mariages célébrés à l’étranger

De plus en plus de communes affirment que les mariages célébrés à l’étranger ne peuvent être transcrits avant une enquête policière et avis du procureur du Roi demandé – affirmation totalement fausse !

Nous demandons aux bourgmestres de veiller au respect de la législation au sein de leurs administrations communales et zones de police et de veiller aux principes de bonne administration.

Quand bien même les communes respecteraient enfin les législations de plus en plus répressives mais tout de même soumises à un maigre contrôle démocratique parlementaire….

L’AMOUR N’EST PAS UNE AFFAIRE D’ÉTAT !!!

Retrouvez l’album photo officiel de notre action sur la page Facebook du réseau

Revue de presse
Article dans L’Avenir: « Un réseau de soutien aux sans-papiers remet le prix «Brise-cœur» à Schaerbeek »
Article dans La Capitale: « Schaerbeek «brise-cœur» pour ses contrôles anti mariages blancs »
Article RTBF: « Un collectif dénonce la politique d’un échevin schaerbeekois en matière de mariages blancs »
Réaction de Bernard Guillaume à la RTBF: « Pas d’enquête systématique pour un mariage avec un sans-papiers à Schaerbeek selon Bernard Guillaume »
Reportage de Bx1

« Ils nous font tourner en rond jusqu’au découragement »

Ce vendredi 19 janvier 2018 Omo, 29 ans, va tenter de résister à une deuxième tentative d’expulsion pour rester aupès de son compagnon. La Belgique, avec la complicité de Brussels Airlines, veut la renvoyer au Nigéria. Son histoire ressemble à celle de beaucoup d’autres couples en Belgique.

Alors qu’elle est en train de faire des démarches pour se marier avec son compagnon, citoyen belge, les autorités remettent un avis négatif dans son dossier. L’argument avancé tient en une seule phrase “ils ont dit : la communication est impossible entre vous deux ».

Pourtant dans leurs parcours, les témoignages des voisins et amis convergent pour décrire un couple soudé qui cherche simplement à vivre sans problème et qui tente à faire reconaître sa situation. Rien n’y fait, l’administration reste campée sur sa position « suspicion de mariage blanc ».

Mais comment fait-t-on pour évaluer une relation d’amour entre deux personnes ? Lors de leurs entretiens une question comme « quelle est la pointure de votre compagnon ? » leur a été posée, voilà le type d’indicateur proposé par les autorités….

Son compagnon témoigne : »Ce n’est pas vrai du tout, on parle anglais ensemble, c’est n’importe quoi, une femme qui nous a vu une fois et qui décrète qu’on est pas capable de communiquer, qu’est-ce que c’est ce système de fous, moi je vais mourir sans elle, je ne le supporterai pas. Est-ce que ces gens ont le droit de nous faire ça ? Est-ce qu’ils ont tous les droits ? ».

Abasourdi par cette conclusion qui n’a aucun sens, mal conseillé par son entourage, le couple ne dépose pas de recours contre cette décision. Après quelques semaines, la situation s’accélère et son compagnon décrit la scène suivante : «La police a débarqué chez nous, très tôt le matin, moi j’étais au travail, et ils l’ont emmenée au poste de police”.

Omo a été emmenée au centre 127 bis, où elle a été détenue 5 mois. A l’extérieur durant tout ce temps, son compagnon a continué à se battre pour tenter de faire avancer les choses, il s’est accroché à la moindre perspective de rebondir, a tenté de redéposer une nouvelle demande de mariage mais on lui a répondu “le dossier est clotûré, ça ne sert à rien de revenir ici”.

Après de longs mois d’enfermement et de bataille juridique, Omo a été informée qu’elle allait subir une deuixème tentative d »expulsion ce vendredi 19 janvier: “On m’a dit c’est fini ici pour toi mais tu peux retourner au Nigéria, te marier là-bas, je ne comprends pas ça leur sert à quoi de nous faire tourner en rond comme ça, ça sert qui ou quoi ? Nous on va perdre des années de notre vie….Et puis on est des êtres humains, on va se décourager, on va y perdre tout notre argent, je crois qu’on n’y arrivera pas… »

Elle nous a dit qu’elle ne peut pas retourner au Nigéria, elle ne connait plus personne là-bas, elle n’y a aucun réseau et sera confrontée à des personnes qui menacent sérieusement sa vie.

Elle a également dit qu’elle allait résister à cette tentative d’expulsion injuste et criminelle qui tente de la séparer d’un homme avec qui elle a construit sa vie.

Le vol d’expulsion était prévu ce vendredi 19 janvier, à Zaventem à 7h55, avec la collaboration de Brussels Airlines. Nous attendons des nouvelles d’Omo.

Stop à la suspicion systématique de mariage blanc, solidarité avec toutes et tous les détenu.e.s !